Un soir d’il y a vingt ans, je m’étais égaré à voir un documentaire, non moins déroutant, « Looking for Paoli ». Les murs des multiples Paoli Cities témoignent du croisement de deux destins, celui de Paoli et de Jefferson, alors qu’ils ne se sont probablement jamais rencontrés. La constitution de l’un aurait inspiré celle de l’autre, qui, en retour lui vouait une admiration totale, au point de la communiquer à ses compatriotes. Paoli était ici adulé par une mémoire vivante, alors qu’en Corse, il était devenu la vénérable pâture des historiens et des politiques.

Une fois l’écran devenu noir, je vis une sorte d’oiseau farouche traverser la salle, à toute vitesse, en équilibre précaire, sur ses escarpins. Ses yeux fixaient toutes les directions, animés par le désir supérieur de tout voir. « Je suis Catherine Sorba, vidéaste, j’ai réalisé ce documentaire avec Francis Aiqui. » dit-elle avec sa voix d’actrice qui prit d’un coup possession de la salle. Il y avait à la même époque une exposition sur Benjamin Franklin au Musée Carnavalet. Nous nous étions revu